La personne
A travers l’espace-temps historique, l’humanité a la possibilité de courir l’aventure de l’exode vers plus d’humanité. Une chance et non pas une nécessité. Et cette chance se donne à travers l’extrême étreinte d’un maximum de différence. C’est la personne, quasiment une ‘espèce’ dans l’espèce humaine, qui permet qu’une si grande différence puisse s’étreindre dialectiquement, maximum d’altérité dans le maximum de communion, selon la pertinente distinction de Max Scheler, et non pas de ‘masse’ ni seulement de ‘communauté
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Si l’homme est souvent séduit par la différence, il la craint plus souvent encore. Lorsqu’elle prend le visage de l’étrange, de l’inconnu ou de la catastrophe. Inquiétant, menaçant ou déconcertant.
La ‘différence’ crucifie l’être et le provoque au dépassement. Elle est au cœur de l’inquiétude sans laquelle l’homme ne serait jamais que ce qu’il est. C’est dans la ‘différence’ qu’en vérité l’homme se trouve et qu’il trouve Dieu. La ‘convenance’, en effet, est pour Dieu et n’est pour l’homme qu’à la limite. En son état de viateur, ce n’est qu’à travers la ‘différence’ que l’homme accède à la ‘convenance’.
Et qu’il en soit ainsi, n’est pas indifférent à la grandeur de l’homme lui-même. La traversée de la ‘différence’ ouvre à l’homme l’espace de la militance, un espace d’aventure, de risque et de décision, c’est-à-dire l’espace de sa profonde liberté. Là, et là seulement, l’homme, être inachevé, donc essentiellement en route, se réalise selon sa vérité d’homme.
Un espace à traverser. L’espace de la marche en avant. L’espace des ruptures. L’espace des conversions. L’espace de la nouvelle naissance. L’espace de la rencontre de l’Autre. L’espace de Pâque.