De mère païenne ET de père judéo-chrétien
Si le même reste clos sur lui-même, jamais rien d’autre ne sera. La nouveauté est enfant de la différence qui s’affronte dialectiquement. Nulle part ailleurs autant de différence ne s’est étreinte qu’en notre Occident. Nulle part ailleurs ne fut libéré une plus grande dynamique.
L’homme occidental ne se comprend pas lui-même s’il méconnaît les gigantesques différences qui se sont affrontées et interfécondées pour lui donner naissance. Il n’est pas né par parthénogenèse ! Il est né de père et de mère. Sa mère est païenne. Son père est judéo-chrétien. Tous les meurtres du père, périodiquement et rituellement perpétrés, ne pourront rien contre cette évidence première.
Nous sommes culturellement, donc en ce qui spécifie notre humanité, filles et fils d’une mère et d’un père. De père et de mère différents ! Notre mère est païenne. Notre père est judéo-chrétien.

Si le même reste clos sur lui-même, jamais rien d’autre ne sera. La nouveauté est enfant de la différence qui s’affronte dialectiquement. Nulle part ailleurs autant de différence ne s’est étreinte qu’en notre Occident. Nulle part ailleurs ne fut libérée une plus grande dynamique.
L’improbable rencontre entre une telle mère et un tel père allait se faire affronter deux mondes. Deux mondes humains ayant chacun sa langue, son histoire, ses valeurs, ses principes, ses articulations logiques, ses systèmes de représentation, ses formes de perception, ses codes régulateurs, ses types d’organisation, ses options fondamentales, ses prégnances, ses finalités. Deux espaces culturels différents jusqu’à la contradiction. Deux cultures, donc deux ’matrices d’humanité’ étrangement hétérogènes !
L’analyse des dimensions essentielles, des insistances centrales et des lignes de force majeures de ces deux espaces hétérogènes se traduirait en longue série de polarités fondamentales antithétiques dont voici un échantillon.
La rencontre de la mère païenne et du père judéo-chrétien représente la plus gigantesque étreinte de différence imaginable ! Et de cette étreinte naît l’Occident. En dialectique genèse. Sous le signe d’éros et de thanatos...

Il faut partir de notre originaire génétique culturelle. L'Occident et partant notre modernité restent inintelligibles sans l'étreinte dialectique d'extrêmes opposés. Nous sommes culturellement, donc en ce qui spécifie notre humanité, filles et fils d'une mère et d'un père. De père et de mère différents ! Notre mère est païenne. Notre père est judéo-chrétien.
L'extrême simplicité d'une telle assertion risque de cacher l'extraordinaire complexité sous-jacente, le dense réseau, et leur enchevêtrement, de lignes d'ascendance, de descendance et de collatéralité. Du côté maternel, Indo-européens, Celtes, Germains, Slaves, Barbares... Du côté paternel, Sémites, Arabes...
Dans l'improbable rencontre entre une telle mère et un tel père deux mondes différents allaient s'affronter. Deux mondes humains ayant chacun sa langue, son histoire, ses valeurs, ses principes, ses articulations logiques, ses systèmes de représentation, ses formes de perception, ses codes régulateurs, ses types d'organisation, ses options fondamentales, ses prégnances, ses finalités. Deux cultures, donc deux 'matrices d'humanité' étrangement hétérogènes ! Deux espaces culturels différents jusqu'à la contradiction.
Le génie païen avait réussi à boucler en harmonie la boucle des naturelles valeurs et significations 'païennes'. Thèse parfaite de la plénitude immanente de l'humain. Or c'est cette positivité de la perfection 'thétique' qu'affronte la négativité 'anti-thétique' des significations judéo-chrétiennes.
La rencontre de la com-posante grecque et de l'ex-posante judéo-chrétienne provoque l'affrontement de ces antinomies radicales qui existent fondamentalement entre in et ex, entre cum et trans. L'Occident et, partant, la modernité restent inintelligibles sans l'étreinte dialectique de ces extrêmes différences.
La rencontre de la mère païenne et du père judéo-chrétien représente la plus gigantesque rencontre de différence imaginable ! Un défi réciproque et un affrontement. Et de cette étreinte naît l’Occident. Sous le signe d’éros et de thanatos...