Le tabou


Contemporain de l’émergence de l’homme il y a donc le tabou. Il marque et protège la grande différence sans laquelle l’humain ne serait pas. Le tabou interdit. En même temps il affirme. Il est non au cœur du oui. Il révèle la profonde et fondamentale interdiction d’un oui sans non  ! L’interdiction d’une proximité sans distance. L’interdiction d’une rencontre sans différence. L’interdiction d’une intensité sans béance.

Le lieu du tabou est toujours en un nœud d’intensité sacrale. Là où se rencontrent dangereusement le ciel et la terre. Là où s’actue le drame hiérogamique avec plus d’intensité. Essentiellement en ce nœud de l’originaire sexualité bio-cosmique,
mystère sacral par excellence. La vie à sa source bio-sacrale: le divin, le céleste, le totem, les ancêtres, la femme, le prêtre, le roi, le chef, le sorcier... La vie dans ses extrêmes: les morts, les esprits... La vie menacée: les solstices, les éclipses, les maladies, le héros, le chasseur, le fondeur... La vie en régénération: le cycle menstruel, le guérisseur, l’initiation, la circoncision... Les moments intenses de la vie: la fête, la naissance, la mort, les semailles, la récolte... Les lieux de concentration vitale: l’omphalos, le sexe, les grottes, les pierres sacrées, l’arbre sacré, le temple...