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Aventuriers de l'eschatologie |
Protagonistes des 'exposantes'
L'humain, dans toutes ses dimensions, qu'elle soit personnelle, sociale, historico-culturelle, est enfant de la différence. Cette différence fondatrice non seulement le fait naître et grandir, elle le constitue en son être profond. Le poids que nous accordons à telle ou telle différence – 'droite' et 'gauche', par exemple, ou bien tant d'autres dichotomies qui voudraient régir notre existence – se mesure lui-même à une différence plus fondamentale. Celle-ci ne passe sans doute pas à côté des deux dimensions antithétiques fondatrices que sont les 'composantes' et les 'exposantes'.
On les trouvera ici derrière leur apparition archétypale. Les ‘aventuriers de l’Eschatologie’ sont protagonistes des 'exposantes'. Les 'constructeurs de la Cité idéale’ sont tenants des ‘composantes'. Les premiers prennent la suite des prophètes d’Israël. Les seconds, très nombreux, s’expriment le plus souvent à travers les formes variées d ‘utopies’.
L'homme, une fois embarqué dans l'Histoire, doit décider de son être et de sa liberté. Dès lors deux types de possibilités s'ouvrent à l'homme historique. Ou bien chercher refuge dans le repli protecteur de l'Age d'or et de la Cité idéale. Ou bien marcher vers la terre promise en risquant l'aventure et en consommant les ruptures. On voit immédiatement où se situe le projet païen et de quel côté va l'altérité chrétienne. Celle-ci se manifeste de façon extrémiste et sans doute plus ou moins `hérétique' de multiples façons. Par exemple, chez les Joachim de Fiore, les Flagellants, les Münzer, les Anabaptistes, les Mormons, les Adventistes... Chacun de ces mouvements révèle cependant, tout en le grossissant, une dimension essentielle du projet chrétien.
La Foi
porteuse de 'culture'
Il ne faut ni mêler ni confondre. Il est sans doute important de commencer par une distinction essentielle.
On peut être imbibé de culture chrétienne ou musulmane, par exemple, sans être croyant ! La foi, la foi en tant que `constituée', se cristallise autour de quelque chose comme un `hard core', un noyau dur, que formule un `credo'. Or cette foi `constituée' se fait en même temps `constituante'. Constituante, c'est-à-dire créatrice et porteuse de tel ou tel type d'humanité et de culture.
L'Alter eschatologique
Face au 'naturel' paganisme qui s'étale comme une toile de fond derrière le même de l'universel humain surgit l'autre de la différence eschatologique. Cette irruption de l'ALTER (comme 'alter'-mondialiste) n'est-elle pas fondamentalement la caractéristique des monothéismes face aux paganismes ?
Les constructeurs de la Cité Idéale et les aventuriers de l’Eschatologie
Une telle typologie différentielle renvoie à une opposition profonde au cœur du projet de l'humain. Elle ne pourra donc pas ne pas opérer quelque chose comme une division des esprits face à l'accomplissement de l'essentiel humain.
Deux conceptions radicalement différentes de la totalité. Deux visions radicalement différentes de l’homme. Deux espaces du pensable et du possible. Deux types humains. Deux projets d’humanité. Deux ‘essences’ qui traversent l’histoire et divisent les esprits. Ils se signifient de façon antithétique.
Une telle typologie différentielle peut, pour stimuler la pensée, faire l'économie provisoire de toutes les analyses et de toutes les nuances qu’elle mériterait par ailleurs. Elle ne veut pas être description. Son schématisme force donc les traits. Elle est donnée pour donner à penser.
Pour donner à penser du côté des dynamiques mentales avec leurs symboles, le plus souvent entre conscient et inconscient.
Intelligibilité différentielle
Cette opposition d'antinomies n'est pas pour dichotomiser le réel et le fixer en dualisme. En dégageant les significations antinomiques on veut essentiellement dégager un espace. Un espace de tension dialectique entre polarités antithétiques ou concepts-polaires au service d'une typologie différentielle créatrice, dialectiquement, d'intelligibilité. Il ne peut, en effet, y avoir d'intelligibilité qu'à travers la différence.
Ces polarités ou concepts qui se répondent en s'opposant ne sont pas des étiquettes couvrant des contenus fixes et définis. Il s'agit plutôt de concepts ouverts qui visent au-delà vers une 'essence' qui se précise progressivement. Pour dégager l'essence derrière le concept "aventuriers de l'eschatologie", par exemple, un ensemble de phénomènes, de dimensions, de projets, d'archétypes, etc., donc un ensemble de concepts de même famille, s'appellent réciproquement et convergent vers cette 'essence'. Il en va de même pour le concept "constructeur de la cité idéale". L'essence de chaque famille antithétique se dégage ainsi en gagnant à la fois en 'compréhension' et en 'extension'.
Dès lors l'essence se révèle non pas de chaque côté où les termes sont marqués dans leur exclusive, mais ENTRE les deux. Une 'essence' à la fois très lointaine et tout proche qui joue à cache-cache et qui invite à jouer avec elle
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Constructeurs |
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Aventuriers |
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Sédentaires |
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Nomades |
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Fils de la même mère |
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Frères conjurés |
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Retour dans le sein maternel |
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Geste du père |
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Anonymat |
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Nom propre |
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Enceintes protectrices |
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Grands espaces |
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Enfants maternés |
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Gamins impossibles |
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Œdipe |
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Abraham |
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Nationalisme |
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Universalisme |
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Association |
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Prosélytisme |
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Dieu-Nature |
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Dieu-Personne |
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Hasard et Nécessité |
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Dessein |
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Anti-hasard |
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Providence |
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Continuité |
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Rupture |
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Milieu |
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Extrêmes |
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Règne de l'homme |
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Règne de Dieu |
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Lois |
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Alliance |
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'Il y a' |
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Ex nihilo |
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Symétrie |
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Urgence |
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Sécurité |
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Risque |
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Nécessité |
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Liberté |
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Harmonie |
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Aventure |
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Structure |
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Evénement |
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Règle |
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Exception |
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Planification |
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Création |
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Institution |
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Révolution |
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Replis |
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Audaces |
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Hygiène |
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Chasteté |
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Eugénisme |
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Fécondité |
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On s’occupe de toi |
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Tu décides de ta liberté |
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Cité pourvoyeuse |
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Nomades |
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Installation |
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Traversée |
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Organisation |
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Décision |
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Coquilles |
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Espaces exposés |
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Bulle aseptisée |
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Milieu hostile |
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Urbanisme |
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Campements provisoires |
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Iles fortunées |
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Etendues désertiques |
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Bergerie |
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Transhumance |
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Planification |
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Chances de l'imprévu |
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Ici et là |
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Ailleurs |
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Bourgeois |
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Mystiques |
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Eclaires, Initiés |
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Elus |
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Administrateurs |
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Héros |
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Techniciens |
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Théologiens |
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Savants |
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Prophètes |
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Initiés |
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Saints |
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Intelligentsia |
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Peuple élu |
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Idéologues |
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Croyants |
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Indifférence |
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Inquiétude religieuse |
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Paradis terrestre |
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Royaume à venir |
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Mythe cyclique |
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Histoire |
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Etablissement |
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Marche vers la terre promise |
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Valeurs immanentes |
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Monde à venir |
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Progrès |
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Espérance |
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Âge d'Or |
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Futur eschatologique |
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Meilleur des mondes |
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Fin du monde |
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Court terme |
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Long terme |
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Rentabilités immédiates |
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Parousie |
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Mort escamotée |
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Résurrection |
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Gnose |
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Foi |
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Bulle |
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Béance |
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Evidences naturelles |
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Folle aventure de l'esprit |
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Sagesse |
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Sainteté |
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Mesure |
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Démesure |
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Même |
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Autre |
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Vide métaphysique |
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Soif du sens |
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Retour à la nature |
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Vers la Parousie |
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Mal occulté |
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Angoisse |
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Boucher des trous |
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Béance |
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Règne des symétries |
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Aventuriers de l'espérance |
Eschatologie chrétienne
C'est aux extrêmes que culmine l'altérité chrétienne. La mort, le cataclysme final, l'au-delà, le nouvel ordre, signifient l'alter absolu au milieu de l'immanence. La différence extrême au cœur de l'existence. La vision des `choses ultimes' – ta eschata, en grec – s'appelle eschatologie. Elle porte sur le destin ou la destinée de chaque individu humain. Mais elle porte autant sinon plus sur le destin universel de toute l'humanité.
Qu'est-ce qui est 'au-delà' ? Qu'est-ce qui advient `après' ? Au-delà des limites de l'espace et du temps de notre condition humaine. Au-delà même du pensable. Un tel questionnement n'a cessé de produire un genre littéraire particulier, l'apocalyptique. Ce genre n'existerait pas sans la dimension eschatologique .
Dans la perspective cyclique de l'éternel retour ces événements individuels ou collectifs sont appelés à se renouveler périodiquement. Dans la perspective vectorielle, la fin et le jugement de chaque personne en particulier et du monde dans sa totalité, sont absolument uniques. Le Nouveau Testament est à la fois en continuité et en rupture avec l'Ancien. Dans le judaïsme, l'eschatologie se réalise plutôt à la `fin' des temps. Pour le christianisme, la totalité des temps est déjà accomplie en Jésus Christ. Dès lors c'est le `maintenant' – le kaïros – qui est eschatologique. Sans doute y a-t-il aussi un futur eschatologique qui apporte du nouveau. La parousie. La résurrection de la chair. Le Jugement dernier. Le règne cosmique de Dieu. Mais dans le Christ et par le Christ ces événements sont déjà `actuels'. Ils nous `arrivent' dans le `maintenant' existentiel de la foi.
Il y a donc une unité foncière de l'eschatologie chrétienne entre le `maintenant' de la foi et le `demain' de la pleine révélation. Jésus est déjà `maintenant' l'accomplissement de l'eschatologie. Demain cet accomplissement sera cosmiquement manifeste et visible par tous. Déjà `maintenant' le salut se réalise dans la miséricorde du Christ. Demain il sera universellement manifeste. La tension entre `est' et `sera' n'existe qu'au sein de la temporalité. L'éternité, elle, ne connaît ni passé ni futur. Seulement un présent éternel qui rejoint notre actualité. L'éternité traverse verticalement la temporalité en chaque `maintenant' historique et la provoque à la décision.
La foi vit dans cette tension eschatologique. Le monde est déjà sauvé. En même temps il reste à sauver. L'essentiel est déjà accompli. En même temps, cet essentiel reste à accomplir. Dans la tension de cet entre-deux urge l'actualité de la décision. Maintenant.
Aujourd'hui...
Le grand nombre se sent d'abord `fils de la même mère' et très peu `frères conjurés' partageant une foi commune. Ceux-ci restent plus que jamais `alters'.
Prégnance des archétypes maternels. Nous nous crispons dans la défensive face au Père. Nos topiques sont coquilles plus que vastes espaces hostiles à traverser. La transhumance nous effraie. Nos nostalgies sont sédentaires, nos sécurités citadines et nos certitudes fortifiées.
L'harmonie nous rassemble, l'aventure nous divise. Nous n'avons aucun goût pour célébrer la geste du Père. Au contraire, notre désir rêve d'éternel retour dans le sein maternel. Terriens habités par la phobie des nomades, nous passons notre temps à construire des enceintes protectrices et à consolider nos défenses.
Nos tropismes tirent vers le milieu plus que vers les extrêmes, vers la mesure plus que vers la démesure. Que l'homme passe l'homme infiniment est incompréhensible à la multitude. A la folle aventure de l'esprit et du cœur nous préférons les positives évidences naturelles. Nos raisons de vivre et d'espérer se cherchent du côté des savants, des administrateurs ou des idéologues. Nous fuyons les prophètes.
La règle nous sécurise. L'exception nous terrorise. Face à Abraham prêt à sacrifier son fils Isaac, Œdipe est tellement moins inquiétant ! Et tellement plus rassurant le Dieu-Nature, le Dieu-Nécessité, avec ses lois et sa logique, et même le Dieu-Hasard, que Yahvé de la Bible, Personne face à des personnes, Liberté face à des libertés, Unique face à des uniques.
Pour notre euphorie, notre puissance et notre gloire, il nous fallait reprendre à notre compte la judéo-chrétienne ouverture de l'histoire. Nous l'avons fait pour notre commodité et pour notre utilité. Nous avons donc planifié le temps. Nous avons structuré ses diachronies. Nous avons apprivoisé l'événement. Nous avons désamorcé ses provocations. Nous avons logé dans la continuité l'urgence des ruptures et relégué dans l'insignifiance les traversées pascales.
Dans le règne des symétries, il ne reste que peu de place aux aventuriers de l'espérance. Les réflexes sont aux replis. L'épopée millénariste de la marche vers la Terre Promise investit à trop long terme et à trop lointaine échéance pour tenter les disponibilités bourgeoises. Le Royaume à venir ne fait plus le poids dans la balance des valeurs immanentes. La Parousie se troque sans cesse contre des arrivées de rentabilité plus immédiate. L'Eschatologie ouvre trop radicalement un futur trop radical pour ne pas traumatiser les enfants maternés.
En ce continent d'Utopie, les appels d'offre vont aux constructeurs du meilleur des mondes et aux assureurs contre tous les risques. Les chantiers de la Cité Idéale se couvrent de slogans démagogues qui conjuguent au présent et au futur le droit à l'irresponsabilité. `On s'occupe de toi' s'étale partout en grandes majuscules. Seuls quelques graffitis furtifs disent encore: `Tu décides de ta liberté'.
Ce monde se trouve les raisons qui doivent suffire à ses évidences, étayer ses cohérences et garantir ses lucidités, mais auxquelles il est interdit de douter d'elles-mêmes ou de s'aventurer ailleurs.
L'idéal se veut bulle aseptisée où règne le vide métaphysique et d'où sont chassées l'inquiétude religieuse et la soif des significations extrêmes. Une bulle où ne s'entendent que feutrés les cris de la souffrance et où la mort est escamotée. Une bulle où la chasteté le cède à l'hygiène et la fécondité à l'eugénisme ou aux avortements. Une bulle qui refuse la grâce en même temps que la chance de l'imprévu. Une bulle où initiés et éclairés éclipsent prophètes et saints. Une bulle où les gnoses tiennent lieu de foi, les progrès d'espérance et les humanitarismes de charité...