Intelligibilité du complexe


L'approche systémique tient nécessairement compte de la complexité des interactions. Donc de la grande multiplicité et de la grande variété des éléments, des liaisons, des interactions non linéaires et de l'organisation en niveaux hiérarchiquement intégrés.

Un ensemble interactif de microsystèmes bouclés les uns sur les autres peut former un système plus complexe. Il n'y a théoriquement pas de limite à la complexification. Chacune des trois `ouvertures' d'un système peut se brancher sur celles du système voisin, et ainsi de suite, de proche en proche, d'unité systémique minimale vers la plus grande unité systémique souhaitée. Avec deux transistors on peut construire une `cellule' de mémoire. Quatre transistors suffisent pour construire une `porte' logique, c'est-à-dire un microsystème capable de réaliser une des différentes fonctions logiques élémentaires. Des millions de ces `cellules' et de ces `portes', reliées entre elles en fonction d'une organisation spécifique et déterminée par le concepteur, peuvent former un ordinateur ou tout autre machine cybernétique.

L'analyse `abstrait' inévitablement un système de ses interconnexions. Dans la réalité, cependant, l'entrée et la sortie d'un système réel ne sont jamais `en l'air', mais en liaison interactive avec les entrées et les sorties des autres systèmes, englobés et englobants. Les sorties et les entrées des différents sub-systèmes sont interconnectées pour l'incessant échange des flux d'alimentation, d'information, de régulation, de programmation, etc. Selon la très grande complexité interactive dans l'emboîtement des systèmes. Toute une combinatoire systémique avec l'infinie possibilité d'interconnexions et d'interactions inter systémiques.

Et pourtant, dans le tissu inter systémique, à l'intérieur de ces réseaux interactifs, chaque système constitue une spécificité et fonctionne avec une relative autonomie comme un nœud, une totalité, une unité, un `autos' soi-même... Car tout en étant en interrelation et en interaction avec d'autres systèmes, tout en étant bouclé sur d'autres systèmes, un système se boucle aussi lui-même. Mais toute autonomie est fonction de réserves disponibles. Et les disponibilités ici doivent être aussi diverses que les flux de matière, d'énergie, d'information, en interaction dans le système.

Du plus simple micro-système au plus complexe des macro-systèmes, et quel que soit son degré d’emboîtement systémique, c’est la
fonction qui caractérise un système. Et ces fonctions peuvent être d’une incroyable diversité.

Contenant et contenus. L'approche systémique ne porte pas sur les contenus mais sur le contenant, à savoir un espace dynamique avec ses entrées et ses sorties. Cette approche est d'une extraordinaire fécondité. Elle est centrée sur le `tout'. Ici l'intelligence du tout précède et conditionne celle de la partie. L'intelligence de l'englobant précède et conditionne celle de l'englobé. Les parties se comprennent dans et à partir de ce tout.

On peut donc comprendre le
tout sans nécessairement comprendre les éléments de ce tout. Il est ainsi possible de mettre entre parenthèses les `contenus'. C'est en effet le `contenant' qui donne l'intelligibilité.

Boîte noire. Le système en lui-même avec son fonctionnement interne et toute la complexité de ses articulations peut être considéré comme une 'boîte noire'. Le terme dit sa 'mystérieuse' complexité. Il dit aussi que cette 'boîte' peut rester obscure sans pour autant obscurcir l'intelligence du 'tout'. Son 'contenu' peut donc demeurer dans l'ombre. Mais absolument pas son environnement 'contenant', c'est-à-dire sa fonction, ses entrées et ses sorties.

A chaque niveau systémique, il y a ainsi une entrée et une sortie en liaison interactive avec les entrées et les sorties des autres systèmes, englobés et englobants, pour l'incessant échange des flux d'alimentation, d'élimination, d'information, de régulation, de programmation...