Projet communautaire

 

Nos Communautés réunissent des chrétiens au-delà du simple plaisir de se retrouver en chapelle. Elles rassemblent librement les catholiques de langue française qui ont à cœur de se retrouver autour d’un projet commun. L’appartenance à nos Communautés ne se définit pas autrement. Elle implique le partage d'un Projet Communautaire.

Nos communautés n'existent que comme aventure permanente. Elles grandissent d’année en année. Elles se renouvellent en permanence. En un mot, elles vivent ! Aussi avons-nous sans cesse à nous remettre en perspective et à nous redire l’essentiel qui nous fait vivre. Notre 'projet' formulé et incessamment reformulé est fait pour nous y stimuler.

De n’être pas une paroisse au sens habituel du mot, mais plutôt une ‘aumônerie’, nous libère des contraintes et des pesanteurs institutionnelles. En même temps cette liberté nous condamne à nous réinventer inlassablement... Mais ne sont-elles pas étonnantes les dynamiques ainsi libérées dans cette aventure avec l’Esprit ?
 

Priorité

Nos communautés ne prennent leur réelle justification qu’à travers les enfants. Les grandes personnes, à la rigueur, ne sont jamais complètement perdues dans les communautés locales. Les enfants oui. La graine du Royaume en eux a besoin de ce terreau culturel et de cette communion dans la parole en langue maternelle - la ‘langue-notre-mère’, la langue matrice qui nous engendre humains - pour pouvoir s’épanouir véritablement.

Les enfants sont les grands ‘animateurs’ de nos communautés et de leurs célébrations. Une si grande force émane d’eux. En même temps qu’une si grande séduction ! Comment la fête pourrait-elle être chaque dimanche sans eux ? A ce sommet de la vie communautaire qu’est l’Eucharistie dominicale, il importe qu’ils soient invités nombreux. Ils y viennent heureux. Venez, vous n’échapperez pas à la contagion.

Combien de parents ne retrouvent-ils pas le chemin vers le Seigneur avec eux ? Nombreux sont leurs camarades séduits par la joie qui déborde de leurs rencontres.

Une communauté qui fait l’expérience, de dimanche en dimanche, de vivre l’essentiel de sa foi avec les petits ne peut pas ne pas être une communauté heureuse. 


Chaque dimanche la fête

La fête chaque dimanche ? Les premiers qui le sentent très fort ce sont nos petits. Difficile de résister à leur insistance. Suivez-les. Ils savent bien que quelque chose de très important se passe le dimanche matin. Ils y viennent, nombreux, avec un coeur ouvert et avec un sourire large comme ça!

Au fond, ils ont raison. Et nous le savons bien, au-delà de nos conformismes et de nos paresses, qu’ils ont raison de vouloir participer à quelque chose qui est plus grand qu’eux. A quelque chose qui est plus grand que nous.

Peut-être, mieux qu’eux, sentons-nous, les plus âgés, que nos vies se vident lamentablement lorsque nous perdons nos convivialités essentielles. C’est-à-dire nos liens vivants avec Celui qui seul donne sens à nos existences.

Les enfants entrent dans la ronde d’emblée. Il suffit donc, avec eux, de se laisser convier à la fête... Célébrer Jésus parmi nous. Célébrer notre communion avec Lui. Chaque dimanche...


Une communauté ça se ‘sent’. Lorsqu’à la fin de la messe les gens se dispersent comme au sortir d’un cinéma quelque chose visiblement ne va pas. Ce qui est merveilleux au sortir de nos célébrations, c’est le joyeux ‘être-ensemble’ qui se prolonge.

On est parfois trop bien entre soi... N’oublions pas d’y accueillir d’emblée les étrangers de passage et les nouveaux arrivants.


Eucharistie

La Communauté ‘chrétienne’ ne prend sens qu’en communion avec Dieu lui-même qui, déjà, est ‘communauté’ du Père, du Fils et du Saint Esprit. Une telle communion s’accomplit à travers l’Eucharistie au cours de laquelle, forts de la promesse de Jésus, nous demandons au Père d’envoyer son Esprit sur le pain et le vin pour rendre le Christ présent au milieu de nous. Et qu’en ayant part au Corps et au Sang du Christ, l’Esprit nous rassemble en un seul corps.


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C’est donc l’Eucharistie qui fonde et noue notre Communauté chrétienne. C’est à travers l’Eucharistie que cette
verticalité théologale se fait pour ainsi dire horizontale. C’est à travers l’Eucharistie que nous ‘faisons Eglise’.

Sans l’Eucharistie, une communauté, même en se disant ‘chrétienne’, resterait simple regroupement ‘sociologique’. Quelque chose comme un ‘club’ ou une ‘amicale’ flottant au gré des sensibilités, des goûts et des modes.


Notre centre absolu

L’Eucharistie est notre centre absolu. C'est là que prend souffle notre souffle. C'est là que prend feu notre feu.
 

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Tout découle de l'Eucharistie. Tout reflue vers elle. Tout... C’est-à-dire la totalité de notre projet communautaire avec toutes ses mises en oeuvre et ses réalisations. Le soin apporté à nos célébrations. L'éveil à la foi de nos petits. La catéchèse de nos enfants. L'animation de notre jeunesse. La formation permanente. L'expérience partagée de notre foi. La convivialité. L'accueil. Le partage...


Vie liturgique

L’Eucharistie, source et centre de notre vie communautaire, célèbre la grande convivialité de Dieu avec nous et de nous avec Lui. Ainsi donc la verticalité de Dieu traverse nos horizontalités et leur rend un infini. Nos célébrations ne peuvent pas ne pas être empreintes de cet infini. La liturgie nous fait célébrer en Eglise la grandeur du mystère.

Nos Communautés portent une attention toute spéciale à la liturgie. Nos célébrations se veulent à la fois sobres et exubérantes, à la fois intenses et joyeuses. Loin des facilités et du ‘kitsch’ sous toutes ses formes. Chaque communauté trouve le style de sa célébration. Et ce style doit être vrai. Il doit correspondre à ce qu’est la communauté dans sa profondeur.

La célébration liturgique implique beaucoup d’acteurs et une ‘symphonie’ entre eux. Célébrant, ministrants, lecteurs, animateurs du chant, instrumentistes, services divers... Mais il ne faut pas oublier que c’est essentiellement l’assemblée tout entière qui est actrice. Car c’est
toute la communauté qui s’implique à travers son attitude et la participation active que sont les acclamations, les chants, les lectures, les processions...

L'Eucharistie se prolonge... Toute rencontre après la célébration reste ‘eucharistique’ à sa manière, que ce soit le joyeux ‘être-ensemble’ qui se prolonge, le jeu des enfants, le repas familial...


Ministrants et Ministrantes

C’est ainsi que nous appelons celles et ceux qui servent à l’autel. Ils ne sont pas de l’ordre du décor. Leur place dans nos liturgies est importante. Autour de l’autel ils forment en quelque sorte le ‘premier cercle’, relais ou interface entre le mystère qui s’y célèbre et toute l’assemblée qui y participe. Plus ils en prennent conscience plus ils contribuent à l’intensité de nos célébrations.

Les enfants ne sont pas insensibles aux rites. Les faire participer plus intimement à nos célébrations comble en eux une profonde dimension et en même temps les ouvre à une attitude de service. Nous tenons beaucoup à une formation sérieuse. L’enfant en sent le besoin. En même temps cela le sécurise. Il ne prend goût au service de l’autel que lorsqu’il peut le faire avec calme et dignité.

Joue également le fait de faire partie d’une équipe et de participer à des activités communes comme des matinées de formation, des sorties avec jeux éducatifs, des Rencontres spéciales et, bien sûr, le week-end de retraite annuelle.

A quel âge un enfant peut-il être ministrant? La réponse est simple: quand il en manifeste un grand désir. Même avant de faire sa première Communion. Parents, soyez attentifs à ce moment d’éveil, à ce moment de grâce.


Education de la foi

La catéchèse en son sens le plus large occupe la place centrale dans nos urgences. Pour la raison déjà très simple que sans elle nos communautés francophones à l’étranger n’auraient pas tellement de raisons d’être. Cette tâche importante incombe de façon pressante à chacune et à chacun d’entre nous. En même temps elle appelle des ‘volontaires’ (formateurs, catéchistes, accompagnateurs...) prêts à la prendre plus directement et plus efficacement en main.

Parents, en demandant le baptême pour votre enfant vous l’avez introduit dans la vie chrétienne. Vous vous êtes engagés à lui permettre de développer cette vie. Vous êtes donc responsables devant Dieu de ce développement. Comme pour les autres dimensions de la vie de votre enfant, vous en êtes conscients, cela prend des années et des années. La tâche n’a jamais été facile. Elle l’est encore moins aujourd’hui. Sachez que la Communauté chrétienne est prête pour vous y aider.

Pour la Communauté chrétienne tout découle de l’Eucharistie. Tout reflue vers elle. La catéchèse ne fait pas exception. Au contraire! Il ne faut cesser de nous le dire et de nous le répéter. La catéchèse
commence le dimanche à l’Eucharistie. Avec vous, les parents. Elle reflue encore vers l’Eucharistie au cours de laquelle nous célébrons aussi les sacrements d’initiation chrétienne.

Il n’est pas d’âge pour recevoir les
sacrements d’initiation chrétienne. C’est à vous, parents, en dialogue avec les responsables de la catéchèse et le Père Aumônier qu’il revient de décider quand votre enfant est spirituellement mûr pour les recevoir et de prévoir les modalités de la préparation.

Une dimension importante de la catéchèse est celle de l’
enseignement. Mais elle est loin d’épuiser l’étendue de la tâche. La catéchèse va beaucoup plus loin. La foi et l’intelligence de la foi ne dépendent pas du niveau intellectuel. La maturité spirituelle ne coïncide pas nécessairement avec l’âge scolaire! La catéchèse déborde largement du côté de la vie. Elle est l’art d’enfanter à la vie spirituelle et de faire grandir cette vie.

Comment transmettre et partager la foi sans un effort permanent de compréhension et d’approfondissement ? Pouvons-nous nous dire réellement chrétiens si nous ne sommes pas à la hauteur des questions de nos enfants et de nos jeunes ? La
formation continue de la foi de tous, et spécialement des parents et des catéchistes, est donc capitale.

Pourquoi, pensez-vous, nos catéchistes, nombreuses et motivées, donneraient-elles des heures et des heures de leur temps et de leurs énergies si elles ne vivaient pas avec les enfants – et avec leurs anges – un quelque chose de si merveilleusement important ?


Notre sainte marmaille

Les hésitations de certains parents d’arriver avec leurs tout petits se sont vite dissipées. Personne ne s’offusque plus d’une soudaine décharge sonore que les parents savent calmer en faisant prendre au bébé effarouché un peu d’air frais. Les légèrement plus grands sont en général parfaitement sortables, à condition de les laisser prier selon leur inspiration.

Nos Communautés essaient de cultiver une grande tolérance envers la ‘sainte marmaille’. Laissez-les 'prier' comme ils l'entendent. Moins vous les régimentez, plus ils 'participent' à leur manière au mystère. Même s'il leur arrive de babiller ou de se hasarder tout près de l'autel, découvrir les arcanes des saints mystères. Laissez-les se déplacer librement. Ils ont de ces façons de venir regarder avec des yeux écarquillés. L'essentiel du mystère ne doit pas leur échapper. Et qu'ils aiment participer aux processions d'offertoire ou venir au moment de la communion recevoir la bénédiction, en attendant de recevoir le Corps du Christ.

Restez simplement attentifs à ce que leurs euphories ne dépassent pas le niveau tolérable en décibels. Surtout durant les proclamations de la parole de Dieu (lectures et homélie) et durant la prière eucharistique. Un petit tour au grand air, par exemple, leur permet le plus souvent à retourner au calme de la célébration. 


L'éveil à la Foi

L'éveil à la foi commence avant la naissance de l'enfant. C'est le milieu familial qui en est le premier acteur. Nombreux sont les parents qui en prennent de plus en plus conscience. Nombreux sont-ils à venir à l'Eucharistie dominicale avec leurs tout-petits où, jusqu’à l’offertoire, les enfants explorent l’Evangile à leur manière et viennent ensuite apporter à l’autel leurs découvertes en même temps que les offrandes. C'est important pour les enfants. C’est important pour les familles. C’est important pour la communauté tout entière.



Les pas-encore-nés

Il n’est jamais trop tôt de commencer l’initiation au 'mystère' chrétien auquel l’enfant est perméable dès avant sa naissance. Les pas-encore-nés, eux-aussi, font partie de la même communauté rassemblée dans le même Souffle de l’Esprit. Il est important qu’ils se sentent en communion et qu’ils jubilent à l'unisson. L’étude de leurs possibilités intra-utérines ne fait que balbutier. Mais déjà nous savons qu’ils sont très loin d’être sourds et muets.

A une maman qui, inquiète de garder un petit ‘païen’ à la maison, aurait voulu le faire baptiser le plus rapidement possible, même en plein carême, il nous est arrivé de répondre: “Mais il a déjà fait sa première communion !” Devant son extrême incrédulité, on ne pouvait répondre que par une question. Etait-elle donc seule tous ces dimanches où, enceinte, elle venait recevoir le corps du Christ ?

Une catéchèse prénatale ? Elle est d'une extrêrme importance. Il n’est sans doute pas nécessaire de la formaliser. Elle passera moins par les mots qu’à travers la sonorité de la parole et son souffle. Le chant... La danse...


Les jeunes

Et puis, il leur arrive de grandir et d'avoir besoin de leurs ailes pour de bon. Nos grandes filles et nos grands garçons peuvent être déconcertants. Ils n'en restent pas moins 'anges'. Disons anges parfois provocateurs. N'ont-ils pas mission de nous mener plus loin ? 

Des adultes de nos communautés s’engagent à courir l’aventure avec nos jeunes pour les accompagner dans leurs cheminements spirituels. Plusieurs groupes peuvent ainsi se constituer, de la Cinquième à la Terminale. Chaque groupe adopte son rythme de rencontres et ses méthodes de travail. La réunion est en général centrée sur un thème préparé d’avance. Est chaque fois prévu également un pique-nique partagé amicalement. De plus, au cours de l’année, nos jeunes se retrouvent tous ensemble lors des retraites ou d’autres activités communes. Mais c’est chaque dimanche que l’Eucharistie les invite à la grande Rencontre. 


Formation

L’initiation chrétienne se parachève avec la réception du sacrement de la Confirmation. Mais une initiation n’est encore qu’une introduction. Le chrétien a ensuite toute la vie pour entrer en plus profonde intelligence du mystère de sa foi. Face à son questionnement personnel, face aux grands débats de notre temps, face à un monde qui ne cesse de bouger. Qui d’entre nous peut dire en toute honnêteté qu’il est chrétiennement ‘formé’ une fois pour toutes ?

Notre monde en désarroi appelle des chrétiens à la fois axés verticalement et armés intellectuellement. Des chrétiens
axés verticalement. C'est-à-dire en communion avec l'Absolu de Dieu dans le souffle de l'Esprit. Des chrétiens armés intellectuellement
. C'est-à-dire osant sortir de leurs sacristies.

La formation à tous les niveaux est donc une de nos principales urgences. Et nous n'avons jamais fini d'explorer toutes les possibilités qui peuvent s'offrir à nous, aussi bien à l'intérieur et à l'extérieur de nos Communautés.


Moments intensifs

Il s’agit des ‘retraites’. Nous en organisons beaucoup bien qu’elles soient gourmandes de temps et d’énergies. Mais l’intensité d’une communauté est à ce prix. C’est-à-dire cette dimension de profondeur sans laquelle nous risquons de rester dans l’insignifiance de la superficie.

Retraite des jeunes. Découvrir l’autre dimension de l’existence... Les jeunes vivent une telle ‘rupture’ d’avec leurs facilités quotidiennes comme un moment qui les marque et dont, à leur manière, ils témoignent encore longtemps après.

Retraite de communion. Deux jours passés, l’avant-veille et la veille de leur Communion. Il suffit de les regarder le lendemain, jour de la fête... Et pour beaucoup d’entre eux, les dimanches suivants.

Retraite de confirmation. Elle clôture la préparation au sacrement et lance nos grands garçons et nos grandes filles, avec une plus grande fermeté, dans l’aventure avec l’Esprit.

Retraite des ministrants. Elle marque un temps fort dans la formation de nos ministrants et de nos ministrantes. Un week-end durant lequel ils apprennent à mieux prier, à mieux se connaître et à faire équipe pour un plus grand service.

Retraite communautaire pour tous. Il s’agit, durant deux jours, de faire l’expérience d’une vie fraternelle en commun, c’est-à-dire de partager chrétiennement nos repas et nos détentes, notre prière et nos célébrations, nos réflexions et nos chants... sans oublier des moments de silence et de méditation personnelle. Le style est forcément différent d’une 'retraite' au sens habituel. Comme souvent dans nos Communautés, ce sont les enfants qui l’imposent. Et chacun y trouve son bonheur.


Convivialité

La multitude de ceux qui avaient adhéré à la foi avait un seul coeur et une seule âme. On mettait tout en commun... Et la puissance de la grâce était sur eux tous... C’est ainsi que les Actes des Apôtres évoquent la première communauté chrétienne. A vingt siècles de distance la séduction demeure. Un idéal n’est pas là pour nous décourager face à notre manque mais pour nous provoquer.

Il est des moments où nous sentons bien cet ‘état de grâce’ qui nous fait communier entre nous. Et nous savons bien que la raison profonde en est notre Communion au même Seigneur tel que célébré dans nos Eucharisties.

Si le Seigneur en est la source, ce sont les enfants qui sont chez nous les grands ‘catalyseurs’ de notre joie et de notre convivialité. C’est la grâce spéciale d’une communauté où la moyenne d’âge se situe nettement en-dessous de 30 ans et où les petits représentent habituellement une bonne partie de nos assemblées dominicales!

La convivialité ad extra... Vers la convivialité dans la grande ‘maison’ de l’humain. Au-delà des intimités et des conformismes. Créer des liens avec l’autre. L’autre différent, l’autre plus ou moins lointain. A cause de sa religion, de sa culture, de son milieu social, de sa race, et de tant et tant d’autres choses encore.

Mille formes qui restent chaque fois à inventer... Laissées à l’imagination, à l’initiative, à la générosité de chacune et de chacun. Toutes ces rencontres au cours de l’année, chaque fois si différentes avec pourtant ce même sympathique air de ‘famille’.


Accueil

Une communauté en perpétuelle mutation accueille sans cesse de nouveaux arrivants... Et c’est pour nous une joie permanente. En même temps une inquiétude. N’oublions-nous personne ? N’en voulez pas à notre responsable de l’accueil si elle insiste pour vous communiquer les informations et vous demander vos coordonnées. C’est simplement pour que nous ne tardions pas trop longtemps à faire connaissance.

Une communauté qui se renouvelle de près d’un quart chaque année ne peut que cultiver un profond souci de l’accueil. Mais il n’est de communauté accueillante que là où
chacun s’ouvre en état d’accueil.

Dans le flux des renouvellements il y a aussi, d’année en année, de nombreuses séparations. Cela ne se passe jamais sans pleurs. Ces départs, cependant, ne rompent pas les liens. N’est-ce pas ainsi que notre communauté s’élargit aux quatre coins du monde?


Partage

Le risque pour une communauté de se replier sur elle-même est grand. Ce faisant, elle passe simplement à côté de l’Evangile et de son exigence fondamentale qui est d’ouverture. Ouverture sur l’Autre. C’est-à-dire sur Dieu et sur nos frères. Et le souci d’une authentique éducation chrétienne de nos enfants passe nécessairement par une telle ouverture.

Une communauté peut-elle se dire 'chrétienne' si elle oublie ce que partager veut dire ? Partager... C’est-à-dire rompre son pain avec celui qui a faim. Voir la misère du monde. Ne pas passer à côté d’elle. Avoir un cœur pour les souffrances que nous ne manquons pas de trouver à notre porte... Il faut le rappeler sans cesse à une communauté telle que la nôtre, comblée de jeunesse et souvent d’aisance. Il faut surtout ne pas l’oublier dans l’éducation chrétienne de nos enfants et de nos jeunes.

Se sentir frère ou sœur de n’importe quel autre humain ne va pas de soi. Nos Communautés qui ne sont pas ‘françaises’ mais ‘francophones’ trouvent déjà à l’intérieur d’elles-mêmes un large champ d’application.


Symphonie

Une communauté est un organisme avec ses différentes fonctions vitales. Pour qu’elle soit bien vivante il lui faut une tête et des membres actifs. Le tout jouant de la façon la plus ‘écologique’ possible, c’est-à-dire en utilisant au mieux ses possibilités et ses énergies.

Comment une communauté trouve-t-elle sa meilleure façon d’être et de vivre ? C'est un problème de 'symphonie'. Notre ‘secret’ tient en ce que le maximum de membres s’engagent de façon ‘responsable’ dans une communauté où les différentes fonctions sont largement déléguées. Le Père aumônier se voulant davantage un ‘catalyseur’ qu’un homme-orchestre. Laissant amplement jouer la partie au maximum de bonnes volontés engagées dans notre projet commun.

Et puis, ce qui ne gâte rien, au contraire, il y a cet humour que nous savons cultiver entre nous et qui relativise bien des choses au profit de l’essentiel.


Bénévoles

Notre projet communautaire implique que chaque membre est à sa manière ‘bénévole’, c’est-à-dire, étymologiquement, de ‘bonne volonté’ pour accomplir telle ou telle tâche, selon ses capacités et sa générosité.

Le portrait-robot du parfait bénévole prévoit: idées claires, vue large, les deux pieds sur terre, un bon flair... Savoir parler et aimer les responsabilités... Etre assidu aux rencontres... Etre actif, attentif, résolu, calme, inflexible, créatif, intuitif et... vulnérable... Tu ne corresponds pas tout-à-fait à ce portrait-robot ? C’est sans doute une très bonne raison de t’engager. Il y a les tâches qui existent déjà. Il y a celles qui restent à imaginer... Laisse-toi aller au souffle de l’Esprit.

Nos 'responsables' sont là essentiellement pour susciter des engagements et nouer des équipes joyeusement prêtes à œuvrer ensemble. Le mot d’ordre: ‘faire faire’ plutôt que ‘faire’! En mettant le maximum de bonnes volontés dans le coup. Tout en n’hésitant pas de porter la main à la pâte chaque fois que c’est nécessaire.

Pour chaque équipe et pour chaque secteur il y a donc un ou une responsable. Leur plénum forme en même temps notre ‘conseil pastoral’. Si la liste des responsabilités reste stable d’année en année, celle de leurs ‘titulaires’ ne cesse de connaître moult changements. Comment pourrait-il en être autrement dans l’aventure permanente de notre communauté et son incessant renouvellement?


Prophétique

Notre monde, aujourd’hui, ne risque-t-il pas d’oublier ses dimensions véritables et de perdre ses repères? A moins que ne se lèvent des prophètes qui témoignent de l’essentiel. Une communauté chrétienne, dans la mesure où elle vit du souffle de l’Esprit, ne peut pas ne pas être signe prophétique.

Le prophète n’est pas d’abord celui qui ‘prédit’ l’avenir. Etre prophète c’est mettre en lumière. C’est dégager le sens profond des choses. C’est jeter un nouvel éclairage sur le présent et le futur. C’est faire l’expérience de l’
Autre et d’en témoigner.

Notre communauté est appelée à être signe prophétique. Pour elle-même et pour ceux qui l’entourent. Et elle l’est authentiquement. Chaque fois qu’à partir de l’Eucharistie elle vit sa propre transfiguration et se trouve emportée à partager sa Foi, son Espérance et son Amour.