Expérience de l'inébranlable
Au milieu du chahut de l’existence, d’où peut venir en toi cette sérénité ? Au creux des incertitudes du temps, d’où peut surgir en toi une plus profonde certitude ? Au bord des désespérances du monde, d’où peut sourdre en toi l’espérance ? Même ébranlé le ‘cœur’ ne cesse de faire l’expérience de l’inébranlable. Le ‘cœur’ est vigie à travers les longues nuits. Il est ce qui, au plus fort de la tourmente, ne cesse de dire le plus simplement du monde: “tout est grâce”.
Le fin-fond de ton ‘cœur’ te rend témoignage que l’amour de Dieu est répandu en toi. Comme ailleurs ‘il vente’ ou ‘il fait beau’, ici, ‘il prie’. Un état de la divine météorologie. Un état de grâce. Ici, 'il fait Dieu' !
Redécouvrir le ‘gemüt’, aujourd’hui, urge sans doute plus que tout. Devant l’oubli des profondeurs. Face à l’éparpillement de nos existences flottantes. Pris que nous sommes dans la trépidation des rythmes inhumains. Alors que guette la désespérance...

Béant sur la Béance des insondables profondeurs divines, le ‘fin-fond’ de ton ‘cœur’ est ton être même à sa source, tel que sorti des mains de Dieu, à son image et à sa ressemblance, au premier matin de la création et tel que vagissant dans l’Esprit sa divine filiation de grâce.
Ton ‘cœur’ n’est pas à soi-même ni son propre principe ni son maître absolu. Naturellement, nativement, naïvement, tel qu’il sort du Souffle créateur, le ‘cœur’ est donné en alliance et en profonde et fondamentale fidélité. Il est parfaitement orienté. Immédiatement cependant, dès le début de l’aventure humaine, l’infidélité le guette. Il peut boucher sa béance et se fermer à l’Autre qui le fonde. Déroutant mystère de la liberté humaine... Inquiétant mystère du péché...
Le ‘cœur’ est transparent à la Lumière du Verbe qui illumine tout homme. Ton ‘cœur’ est le lieu de la vérité en toi. Que tu en prennes conscience ou non, lorsque ton ‘cœur’ est perverti, tout est perverti ! Lorsque la grande relation verticale de divine humanisation est dénaturée, tout est dénaturé.