Anges et diablotins
Je les imagine avec des ailes, nos angelots. Ils peuvent être diables aussi. Il faut les aimer sous les deux espèces.
Où donc Raphaël est-il allé dénicher ses deux garnements ailés ? Vous connaissez sans doute la célèbre peinture de Raphaël, la ‘Madone de la Sixtine’, achevée en 1515 et qui se trouve à Dresde. C’est le bas du tableau qui m’intéresse ici. Les deux petits ‘anges’ qui se sont égarés là. Ne les rencontrerait-on pas aussi bien accoudés sur les bancs de nos assemblées ?
Combien de temps les deux vont-ils se tenir tranquilles, accoudés sur le rebord du cadre ? Leurs têtes ébouriffées en disent long sur ce qui précède et ce qui probablement va suivre.
L’un, celui de gauche, a son moment de céleste distraction, le regard captivé par la divine apparition mais l’esprit déjà vagabond du côté d’autres aventures. L’autre, à droite, vient visiblement d’essuyer une réprimande de la part d’un surveillant invisible qu’en retour il fusille de son regard.
Mais probablement, depuis l’Incarnation, ne faut-il pas chercher le ciel trop loin de la terre ni trouver la terre trop loin du ciel.
J’aime bien quand ils sont ‘diables’. Ils ne le sont qu’en superficie. Comme pour cacher pudiquement un cœur d’or qui ne se montre qu’à son heure. C’est alors des moments de grâce. Voici notre équipe d’une vingtaine de ministrants et de ministrantes. La matinée de formation s’achève. Inévitablement monte la tension. Du côté d’un possible chahut. On va quand même terminer par un instant d’intériorité. Petit exercice de silence et de concentration. Et puis, voilà le miracle. L’indomptable troupe est soudain saisie par la verticale. Un extraordinaire moment de prière...