En verticale béance


Homme, qui es-tu donc pour que Dieu puisse tomber en toi ? Qui es-tu donc pour que tu puisses tomber en Dieu ? Qui es-tu donc pour que l’Agapè de Dieu puisse être répandu en toi ? Tu es
béance béante sur un infini.
Il est à craindre qu’ici nos évidences contemporaines ne puissent plus suivre. Ne tablent-elles pas sur la radicale
finitude, la stricte immanence et la totale clôture de l’humain ? Reste un ‘je’, simplement virtuel, apparition épiphénoménale d’un ‘ça’ logé en cul de sac. Le ‘ça désire’ des pulsions biologiques. Le ‘ça parle’ des structures aveugles. Le ‘ça fonctionne’ des absurdes mécaniques.

Telle n’est pas l’évidence de départ d’un Johannes Tauler. Sa psychologie des profondeurs ou sa spiritualité des profondeurs ne connaît pas de clôture. L’humain est infiniment ouvert, béant sur un fin-fond sans fond. Et c’est dans cette ouverture que se joue la décisive aventure de l’homme avec Dieu et de Dieu avec l’homme.

Saint Augustin, à travers ses ‘Confessions’, ne cesse de se poser la question: Où, en nous, pouvons-nous rencontrer Dieu ? Et il ne cesse de répondre: ‘
transibo’... Il faut aller plus loin. Il faut aller plus profond. En allant toujours plus loin et plus profond l’homme expérimente toujours plus de vide. Et en même temps toujours plus de plénitude.