L'entropie au cœur du monde


La radicale entropie au cœur du monde. On pouvait croire un moment qu'il ne s'agissait là que d'un `dogme' que les `Lumières' rendraient vite obsolète. Hélas! Il est plus actuel et plus cuisant que jamais.

Un monde qui fait mourir l'Innocent, un monde qui crucifie le Christ, un monde qui, deux mille ans après, invente Auschwitz, révèle la massive présence de cette insondable négativité qu'est son mal. Ce mal du monde résiste, irrationnel, transrationnel, à toute possible compréhension. Il renvoie la raison hébétée du côté du dérisoire.

Le mal est de trop dans l'immanence. Il déborde l'immanence de toute part. A sa manière il est transcendant, d'une sorte de transcendance négative. Tremendum mysterium iniquitatis !

Quelque chose a mal tourné en un point décisif pour l'ensemble de l'humanité. Où trouver assez de lumière pour éclairer cette faille ? Ne serait-ce pas en ce dernier chaînon de la généalogie du Christ selon saint Luc ? ...
Seth, fils d'Adam, fils de Dieu. (Luc 3:38).

La rupture de l'ultime maillon destiné à lier filiation humaine et filiation divine. Une coupure. Une revendication schizoïde. Les fils d'homme désormais frères conjurés dans leur révolte contre le Père.

Et ce péché, nécessairement, se transmet des frères aux frères, des pères aux fils, de génération en génération... Jusqu'à ce que le Fils, avec ses frères, de génération en génération, puisse redire en nouvelle communion de grâce l'éternel Amen. Jusqu'à l'Avènement, nous restons ainsi tendus, distendus, entre péché et grâce...

C'est la matrice même de notre humanisation qui doit être affectée par cette originaire négativité conspirante. Et qu'est fondamentalement cette matrice du spécifique humain, sans laquelle aucune animalité n'accède jamais à l'humanité, sinon la parole ?