Système ouvert
Depuis la révolution du Néolithique ce système d’outilité a fonctionné, de façon simplifié, il est vrai, dans l’équilibre d’une homéostasie. Depuis il s’est seulement complexifié. Ce sont les révolutions industrielles qui le livrent à une exponentialité galoppante. La croissance du système est impérative. Son arrêt ne signifie pas équilibre mais désorganisation, mort.
L’approche analytique-statique des économistes classiques avait longtemps occulté l’ouverture du système. Ce qui permettait précisément cette idéologie progressiste se fondant sur un fonctionnement en autonomie du système tournant par lui-même et pour lui-même, en suffisance de lui-même, dans l’euphorie de son infinie exponentialité pour elle-même. Système producteur d’abondance à l’infini à la mesure de la démesure de l’homme prométhéen.
Cette illusion anthropocentrique, fondatrice des progressismes en général et du marxisme en particulier, commence à se dissiper. Une approche systémique-dynamique, elle-même provoquée par les faits, révèle l’ouverture du système. Et partant les possibles impasses de son exponentialité.
Le système qui fonctionne exponentiellement appelle, en entrée, de plus en plus d’énergie, de matériaux et d’information et livre, en sortie, de plus en plus de déchets et d’entropie. Or nous savons aujourd’hui - et si nous voulons l’ignorer les faits nous le rappellent cruellement - que les possibilités d’entrée et de sortie du système d’outilité exponentielle ne sont pas in-finies mais finies. Elles sont inexorablement limitées. Limitées par un système plus englobant qui est lui-même réfractaire à l’exponentialité. A savoir l’écosystème.