Certitudes


Nos certitudes reposent sur des preuves. Une preuve se fonde sur la
saisie d’un lien, que ce lien soit perçu par intuition immédiate, 2+2 = 4, par exemple, ou bien à la suite d’une construction rationnelle, un raisonnement. L’incertitude règne aussi longtemps que subsistent des ‘trous’, c’est-à-dire des ‘vides’ entre les éléments qui ne sont pas reliés ou pas reliables entre eux.

La certitude de la foi tient, elle aussi, dans un
lien. La différence, c’est qu’ici le lien n’est plus ‘à l’intérieur’ mais ‘autour’.

Le lien de nos certitudes expérimentales ou rationnelles relie et noue des éléments ou des parties entre elles
à l’intérieur d’un ensemble cohérent. Par exemple, en reliant dans la cohérence les faits entre eux pour arriver à des lois, en créant des liens entre les lois pour arriver à des théories, etc., pour finalement boucler le monde physique en cohérence... La foi laisse – ou devrait laisser – ces liaisons aux différentes sciences qui sont faites pour nouer de façon cohérente les diverses parties de notre monde entre elles.

Articulez, désarticulez et réarticulez entre eux tous les éléments et tous les liens du monde, vous ne produirez jamais une certitude de foi. Celle-ci ne vient pas des liaisons cohérentes entre les éléments à l’intérieur du monde mais ce qui, de l’extérieur du monde, noue la totalité du monde lui-même en le reliant à l’au-delà de lui-même.

La certitude de la foi vient d’Alpha et d’Oméga. Non pas de ce qui est ‘entre’, c’est-à-dire englobé, mais de l’englobant lui-même. L’englobant crédible. L’Autre crédible.

La certitude de l’englobant ultime ne se
démontre pas. Elle se
montre.